cartographies (série)

cartographies

« L’Équateur imaginé par Estefanía Peñafiel Loaiza n’est ni un pays ni une carte, mais plutôt un texte qui prend le relais de l’un et de l’autre. Le texte, objet de l’artiste, est un territoire vécu. Écrit en 1928, le journal Ecuador est une feuille de route qui dérive entre des cartes, des atlas, des encyclopédies, des albums et des dictionnaires, à la fois peints, troués ou coupés par l’artiste et où chaque page porte une couche géologique. « La terre de l’Équateur est friable. Il arrive qu’elle s’ébranle, cède, s’écroule. », écrit Michaux le 28 Février 1928. D’après l’Ecuador, l’artiste transforme le territoire du texte en situation de lecture. Ces cartographies ouvrent des hypothèses sur un lieu inventé par Michaux, qui est en fait un territoire littéraire. […] Estefanía Peñafiel Loaiza accueille le corps de Michaux comme celui d’un ennemi digne de respect, puis prend le relais du poète, saisissant les inspirations et les expirations, les systoles et les diastoles, les basculements de la prose aux vers et vice-versa […] L’artiste produit une ellipse à l’intérieur d’une ellipse, en creusant dans les livres la notion de ligne qui est son objet. A chaque œuvre, la ligne imaginaire est mise en question. Chaque partie de la cartographie d’Estefanía Peñafiel Loaiza rend de plus en plus réelle la dimension de cette ligne. »

Eduardo Jorge de Oliveira, « Pays d’encre, lignes des mots : l’Ecuador d’Estefanía Peñafiel Loaiza », 2017.


sans titre (paysage)

2008, vidéo HD (1 min 55)

Plan fixe sur une feuille de papier où a été écrit à la main un extrait du livre Ecuador d’Henri Michaux : « l’horizon d’abord disparaît ». Ma main entre dans le cadre et, comme en écrivant, efface le texte au contact de la plume.


préface à une cartographie d’un pays imaginé

2008, installation, 2 vidéos synchrones (103 min 56), dimensions variables /
Photo: ©Sylvain Hitau/ Chapelle Vidéo, Collection: Département de la Seine-Saint-Denis
Photo: ©Sylvain Hitau/ Chapelle Vidéo, Collection: Département de la Seine-Saint-Denis

J’ai réécrit à l’envers (de la fin au début, de droite à gauche et du bas vers le haut) le premier chapitre d’Ecuador , le journal de voyage d’Henri Michaux dans mon pays en 1928. La vidéo de cette réécriture est projetée à l’envers : on voit donc ma main en train d’« enlever » le texte au moment où elle l’écrit, laissant les pages blanches après son passage. Une vidéo montre l’action en plan fixe en plongée, l’autre, tournée simultanément en plan rapproché, montre la disparition du texte, lettre après lettre, mot après mot, au contact du stylo.


cartographies 1. la crise de la dimension

2010, vidéo HD (18 min 40) /

Un livre ouvert repose sur une table. La page de droite ne comporte pas de texte. Ma main entre dans le cadre et parcourt la page blanche avec le bout des doigts tachés d’encre. Au toucher, l’encre imprègne la feuille et fait apparaître le texte qui manquait : un chapitre du livre d’Henri Michaux Ecuador (1929) intitulé « La crise de la dimension ».


cartographies 2. il y souffle un vent terrible

2015, vidéo HD (3 min 10), son

Je récite le poème « Je suis né troué », un autre extrait du recueil Ecuador (1929) d’Henri Michaux jusqu’à en perdre le souffle. Je tente de parvenir au bout des strophes sans reprendre la respiration tout en expirant la fumée d’un cigarette, et je recommence après chaque strophe. Au montage, les prises de vue de ses six tentatives successives ont été assemblées, de sorte que l’image du profile se dédouble, se multiplie, et les voix se recouvrent pour former un canon à six voix.


cartographies 3. un nom est un objet à détacher

2016, série 12 photographies n/b 58 x 87 cm


cartographies 4. nausée

2016, diptyque vidéo HD (11 min 20), son


cartographies 5. pain destiné au voyageur

2016, série 3 photographies couleur 33 x 55 cm