la loterie à Babylone

2017, 4 vidéos en boucle sur moniteurs, son, dimensions variables.

Cette oeuvre tire son titre de la nouvelle éponyme de Jorge Louis Borges. Il y détaille une société où le jeu de hasard y est pratiqué de manière si aiguisée qu’il se confond à la vie elle-même, supposant que la vie serait peut-être le plus parfaite des hasards. Quatre moniteurs déroulent le rythme d’une partie d’échec sans terme. Il s’agit de brèves séquences extraites de films appartenant aux archives du Centre Hospitalier Montperrin datant des années1950 : l’une témoigne d’une partie d’échecs entre un médecin et son patient, la seconde relève d’une scène de la vie à l’Hôpital.

De ces quelques secondes, l’artiste en étire le temps et la durée par procédés de miroirs, d’inversions du montage et de répétitions, tout en rajoutant une piste sonore qui intensifie le mouvement des pièces. De forme équivalente aux cartons d’un film muet, un texte extrait d’« Ingirum imus nocte et consumimur igni », film de Guy Debord, ponctue le jeu. Selon la loi du hasard, le spectateur pourrait voir se recomposer l’intégralité du texte durant le temps de sa visite.