{"id":2638,"date":"2017-12-27T17:47:32","date_gmt":"2017-12-27T17:47:32","guid":{"rendered":"http:\/\/fragmentsliminaires.net\/?p=2638"},"modified":"2023-05-23T15:55:52","modified_gmt":"2023-05-23T14:55:52","slug":"estefania-penafiel-loaiza","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fragmentsliminaires.net\/en\/2017\/12\/27\/estefania-penafiel-loaiza\/","title":{"rendered":"Estefan\u00eda Pe\u00f1afiel Loaiza &#8211; par Camille Paulhan"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Portraits La galerie<\/em>, novembre 2009<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Estefan\u00eda\nPe\u00f1afiel Loaiza travaille comme une arch\u00e9ologue de l\u2019image&nbsp;;\ndans l\u2019ombre, elle s\u2019int\u00e9resse non pas \u00e0 ce qui est visible\ndans une image, mais \u00e0 ce qui se trame derri\u00e8re elle. Une vid\u00e9o\nr\u00e9alis\u00e9e alors qu\u2019elle \u00e9tait encore \u00e9tudiante aux Beaux-Arts de\nParis nous montre diff\u00e9rentes images d\u2019objets film\u00e9s dans un\nappartement. L\u2019occupation des lieux, la pr\u00e9sence humaine\ntransparaissent \u00e0 travers diverses traces&nbsp;: poussi\u00e8res,\ntaches, aur\u00e9oles, autant de manifestations \u00e0 peine visibles mais\nqui en disent moins sur elles-m\u00eames que sur ce qui n\u2019est pas\nmontr\u00e9. Laisser une trace, marquer quelque chose, autant de gestes\nqui int\u00e9ressent l\u2019artiste par ce qu\u2019ils sous-entendent.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0\npeine des images, certaines de ses \u0153uvres seraient plus du c\u00f4t\u00e9 de\nl\u2019imagination&nbsp;: le mot, lorsqu\u2019il ne reste plus d\u2019images,\nconserve un pouvoir \u00e9vocateur particuli\u00e8rement fort. Ainsi, en\nlaissant au sens premier du terme sa trace, par le biais d\u2019empreintes\ndigitales, elle cherche \u00e0 provoquer le souvenir, le trait marquant,\nla petite \u00e9motion qu\u2019un mot seul peut engendrer. Pour ce faire,\nelle diss\u00e9mine sur des vitres des mots, phrases, dessin\u00e9s par les\nseuls dermoglyphes au moyen de pochoirs. Ici, ce sont des mots\nd\u2019Arm\u00e9niens en exil \u00e9voquant pour eux le pays quitt\u00e9 (<em>Mirage(s)<\/em>,\nArm\u00e9nie, 2006), l\u00e0 le souvenir de mouvements ouvriers des Canuts de\nLyon (<em>Entretemps<\/em>,\n2007). \u00c0 peine perceptibles, ces mots se d\u00e9ploient sous nos yeux\nsans que nous les voyions forc\u00e9ment&nbsp;: lors de l\u2019exposition\ndes F\u00e9licit\u00e9s des Beaux-Arts, en 2007, l\u2019artiste avait d\u00e9ploy\u00e9\nsur les larges portes de la salle d\u2019exposition de l\u2019\u00e9cole\ndiff\u00e9rents mots faisant r\u00e9f\u00e9rence au pass\u00e9 politique de cette\nderni\u00e8re pendant mai 68. Rares furent les spectateurs \u00e0 prendre en\ncompte ces tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8res perturbations, qu\u2019un seul coup de\nchiffon viendrait effacer, et dont certaines pourtant persistent\nencore aujourd\u2019hui, comme si elles \u00e9taient grav\u00e9es dans le verre.<\/p>\n\n\n\n<p>La trace, chez l\u2019artiste, est ainsi constamment li\u00e9e au souvenir. Pourtant, elle choisit tr\u00e8s souvent des mat\u00e9riaux pr\u00e9caires, fragiles qui semblent aller \u00e0 l\u2019encontre du souvenir et de sa conservation dans le temps. Ce que nous apprend Estefan\u00eda Pe\u00f1afiel Loaiza va cependant bien au-del\u00e0 de ces consid\u00e9rations, puisqu\u2019elle nous apprend que la m\u00e9moire n\u2019est pas celle des monuments et des comm\u00e9morations, mais qu\u2019elle est plut\u00f4t cette petite m\u00e9moire qu\u2019\u00e9voquait si bien Christian Boltanski&nbsp;: celle qui n\u2019entre pas dans les livres d\u2019histoire mais qui se chuchote \u00e0 l\u2019oreille, la plage o\u00f9 nous allions quand nous \u00e9tions petits, le pr\u00e9nom du voisin aujourd\u2019hui d\u00e9c\u00e9d\u00e9, une m\u00e9lodie qui rappelle un sentiment amoureux. Quand elle emprisonne dans la cire des objets ayant une signification particuli\u00e8re pour ses amis (<em>Collection de secrets<\/em>, 2003), elle cache pour mieux r\u00e9v\u00e9ler le souvenir, pr\u00e9sent par la simple \u00e9vocation de l\u2019objet. Comme dans <em>\u00c0 bruit secret <\/em>de Marcel Duchamp, un objet est cach\u00e9&nbsp;; et pourtant, m\u00eame r\u00e9v\u00e9l\u00e9, il n\u2019\u00e9voquerait rien au spectateur. Mais l\u2019important est avant tout de r\u00e9unir ces petits blocs, \u00e9motions recouvertes de cire qu\u2019un changement brusque de temp\u00e9rature d\u00e9nuderait.<\/p>\n\n\n\n<p>[lire la suite : <a href=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20170715153959\/http:\/\/www.portraits-lagalerie.fr\/?Penafiel-Loaiza\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">http:\/\/www.portraits-lagalerie.fr\/?Penafiel-L<\/a><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"http:\/\/www.portraits-lagalerie.fr\/?Penafiel-Loaiza (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"http:\/\/www.portraits-lagalerie.fr\/?Penafiel-Loaiza\" target=\"_blank\">oaiza<\/a>]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Portraits La galerie, novembre 2009 Estefan\u00eda Pe\u00f1afiel Loaiza travaille comme une arch\u00e9ologue de l\u2019image&nbsp;; dans l\u2019ombre, elle s\u2019int\u00e9resse non pas \u00e0 ce qui est visible dans une image, mais \u00e0 ce qui se trame derri\u00e8re elle. 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